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Espace... pace ... pace ... de Isabelle Tu réfléchis trop, Isa
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July 03 Discussion sur Psaume pour Ingrid et Isa ... Espérer contre toute espérance
Citer Psaume pour Ingrid et Isa July 01 méditation qui n'engage que moi autour de "Belle du Seigneur" de Albert CohenJe suis taraudée par ce livre, qui m'a accompagnée pendant mon voyage à Jérusalem; Je ne voudrais pas le quitter, il est comme un compagnon, il continue de me parler . Ce récit aux mille facettes déclenche en moi un état qui va au delà de aimer ou ne pas aimer un roman... il y a des longueurs, j'ai dû sauter les liasses de pages, surtout les monologues intérieurs, qui sont extraordinaires , et souvent très drôles mais qui sont aussi un peu rasoirs, qui n'apportent pas directement quelque chose à l'histoire, ce sont des traits de virtuosité, ou des jeux, peut être. Mais j'admire cet auteur d'être capable de suivre à la loupe le déroulement d'une pensée sans ponctuation, d'un ressenti qui va rebondir d'une bande à l'autre comme une boule de billard. Vous me direz, c'est le job de l'écrivain, mais chez lui, ça confine à l'excellence, vraiment ! Cet homme a tout compris. L'histoire, que Albert raconte en 800 pages, est pourtant extrêmement simple: Feydeau en aurait fait une pièce burlesque: la femme, le mari et l'amant. Un mari totalement balourd, pétri d'ambitions pitoyables, sa femme, mentalité gosse-de-riche mal grandie, un peu folle, d'une telle beauté qu'on se demande bien ce qu'elle fait en couple avec ce fils-à-maman grassouillet, tous deux descendants de la haute société protestante, et le 3eme personnage, un beau notable haut placé, Juif richissime et brillant, supérieur hiérarchique du minable mari, homme sans age à la beauté cruelle, avec ses boucles brunes, son corps halé à 0 % de matière grasse, et certainement le plus frapadingue des 3 , manoeuvrant grossièrement pour piquer la jolie femme à l'autre inepte. On attend que ça pendant 250 pages, tant cela parait inexorable. Tout ça, dans la France des années trente, qui prépare progressivement Vichy, et les étoiles jaunes. Malgré ses grotesques maladresses, le héros imparfait parvient à ses fins , remportant le coeur de sa belle à l'aide d'une tirade enflammée, se révélant cynique marginal, échevelé, pointant la cruauté de la société bourgeoise hypocrite et mortifère de l'entre 2 guerres, à l'aide de son intelligence d'écorché vif extralucide ... elle craque, elle fond, la blonde protestante un peu ado, dans sa belle robe Dior. Ils se donnent l'un a l'autre , tombant corps et âme sans réfléchir, se vouant à la folie pure, totale, dans une consécration telle qu'elle devient absolue, tyrannique, et sans limites. Les 2 amants, ivres d'amour, s'enfuient, maudits par toute la bonne société. Tous les personnages de l'histoire sont atteints d'un haut degré de névrose. il faut signaler au passage, que dans l'histoire, c'est lui qui analyse la relation, c'est lui le penseur, alors que elle semble la vivre plus instinctivement , sans recul. Mais avec cet auteur, il ne faut pas se fier aux apparences. Ce n'est pas le romantisme de l'histoire d'amour qui me captive, et puis d'abord, ça veut dire quoi, " romantisme" ? deux amoureux se regardant le blanc de l'oeil en faisant " gazou gazou " ? Non, vraiment, le roman d'Albert Cohen, c'est pas ça ... c'est quasiment une étude clinique des comportements de névropathes immatures qui se perdent dans l'idéal de l'autre, ou du moins l'idée qu'ils s'en font, ce n’est rien de reluisant, tant on pressent qu'ils vont droit dans le mur. Se faire beau pour l'autre, parce qu'on à peur de perdre son attention exclusive et qu'on le prend pour Dieu, sans cesse ré-alimenter le mythe amoureux à force d'inutiles robes coûteuses, de séjours en hotels de luxe , d’airs pâmés au restaurant ou au bord de la plage, tout ça devient grotesque, épuisant, avarié, comme la manne d'hier, on dirait que l'amour s'éteint avec le rève qui, confronté au réel du linge sale mis en commun , perd peu à peu son sens ... Mais là , la vraie histoire d'amour commence ... car se découvrant piteux, idiots et ridicules, immatures, handicapés, bref, humains sans but et pétant un câble, ils s'aiment encore, plus qu'avant , maladivement , le voilà l'amour, le vrai de vrai, le lien d'âme qui unit deux êtres ensemble coûte que coûte jusque dans leur misère ... ![]() j’apprends beaucoup. Peut être parce que j’ai été dans ma vie candidate aux excès sentimentaux, que j’ai vécu le scénario “ amants maudits “ avec le père de mon fils et que nos rêves-piédestal se sont cassés la figure, laissant place au calme distant de l'amitié ... je ne peux lire les 100 dernières pages, car cela voudrait dire que ce serait terminé, que je rendrais le livre à la Bibliothèque où je l'ai emprunté, et que les mots de Albert Cohen sortiraient de mon présent et rejoindraient le brouillard de mes souvenirs ... est-ce donc ma nouvelle Bible ? Non, mais c'est un livre qui lui fait magnifiquement écho. " Belle du Seigneur ", c'est un roman universel. en effet, Albert Cohen, plaçant son pauvre héros juif devant la société qui a permis la shoah, développe dans son livre une lecture du monde qui m’a totalement passionnée. il nomme 2 forces en présence: - la force animale organique de survie , exaltée dans les rites païens : la loi naturelle du plus fort, de l’esprit guerrier prédateur traitant l'innocent en proie ( l'esprit nazi-vampire, qui prend différents visages dans la société d'aujourd'hui ) - et de l’autre côté, celle qu'il appelle l’anti naturelle, qui va totalement à contre courant de la loi organique de survie , la loi de Dieu (généralement, ça plait pas beaucoup) : le faible, le démuni sont fort, victorieux d'une autre façon sur l’esprit guerrier de ce monde, au travers d’une loi de vie résumée ainsi : “ ne sois le prédateur de personne, que ce soit de son âme ou de son corps , quelle que soit la pression qui voudrait t'y obliger , car c'est de cette manière que tu accomplis le vrai homme “ choisis ton camp, mon frère . je vous dis qu’il a tout compris, cet homme là. bon, les amis, c'est du lourd avec moi, vous le savez, certains, vous commencez à me connaitre un peu ... pas facetoche ... et encore, j'ai raccourci , tout ça ne remplace pas la lecture du livre ... Promis, mon prochain billet, ce sera la recette du cheese-cake ... d'ailleurs, tout le monde s'en fiche, car l'été, d'abord, les gens s'en vont, et puis personne ne fait la cuisine, c'est salade de tomates mozzarella, melons, pêches et puis voilà ... décalée, Isa, décalée, pauvre fille ... ma carte postale préférée : "je te amour tout plein toujours dedans le coeur, la marguerite gazou gazou de ton bonheur " paroles et musique de Sirupo Gomina, le romantisme selon Plonk et Replonk June 24 Week-end ailleursça n'était qu'un petit mot écrit sur le planning mauve que m'avait remis mon employeur. Une date parmi d'autres dates. Depuis toutes ces années où je pars en tournées, aujourd'hui, j'ai du mal à me projeter plus loin qu'un avenir maximum de 7 jours, c'est pourquoi cette destination restait pour moi irréelle, virtuelle, lointaine, juste un problème supplémentaire à régler dans mon organisation ... " Hep , c'est ce samedi ! déjà ? Rendez vous à Roissy à 8H30 ... oups ! Isa, réveille toi ... non non, je n'aurais pas oublié, c'était quand même pas à ce point là ... j'étais contente, car jamais, si mon travail ne me l'avais permis, je ne serais allée là bas ... un cadeau ... un très beau cadeau l'ensemble de musiciens dont je fais partie était invité pour la soirée de clôture du Festival . 3 jours sur place. Nous avons joué un des grands Anthems de Haendel, puis celui de Mondonville, et l'Ode à Sainte Cécile. Musique Baroque, pour des mélomanes plus habitués au répertoire symphonique. Un succès ... quelques bravos criés par un public au début plutôt flegmatique. mais ce concert, je dois l'avouer, reste pour moi un événement annexe, bien qu'étant la raison première de notre présence là bas. Le voici, ce pays, et son parfum du sud, dans la chaleur moite, ça sent le cèdre, le figuier, un fond de feu de bois, et des essences qui me rappellent curieusement la Provence ... ![]() Jérusalem, la vieille ville vue depuis le sommet du mont des Oliviers ... Dans un rayon de 200 mètres, les lieux saints réunis des 3 religions monothéistes . Unique au monde. La vieille ville est divisée en plusieurs quartiers groupant chaque confession. On passe de l'un à l'autre sans s'en rendre compte, car c'est très petit, la majorité des ruelles étant des souks, où on trouve pèle-mêle des faïences ornées de versets du Coran, des menora, des crucifix, et toutes sortes d'objets. Le mur des lamentations, vu depuis la montée vers l'esplanade du Dôme . Il faudrait du son pour accompagner cette image : règne ici une grande animation , nous sommes lundi, c'est le jour des Bar Mitsvah, et partout c'est un grand vacarme de musiques, chants et tambours battants. Notre guide nous emmène là haut, sur l' esplanade, emplacement de l'ancien temple, vers le Dôme du rocher, Mosquée dont le toit est recouvert d'or. Nous avons dû passer plusieurs contrôles, dévisagés par des soldats armés ... pas trop initiés aux codes locaux, on moufte pas, les filles recouvrent leurs épaules de châles. Bien sûr, l'armée est omniprésente, qu'elle soit d'un bord ou de l'autre, mais tout le monde est calme, et semble, ici en tout cas, vivre en bonne intelligence. Une fois là haut, certains d'entre nous ont des larmes qui montent. Nous sommes conscients qu'il est absolument incroyable de nous trouver à cet endroit là. Cela dépasse tout ce que j'avais imaginé pouvoir faire ici.
Notre déjeuner, dans une petite cantine Palestinienne. Le meilleur Houmous de la ville parait-il. C'est vrai ... tout est frais, appétissant, délicieux. Un petit havre de paix et de fraîcheur. Voici le haut de la "Via Dolorosa " chemin emprunté par les condamnés pour monter à Golgotha. Par endroit, la rue est très petite, étroite ... imaginer du réel, du concret d'après ce que je connais des textes de la Bible, je ne peux m'en empêcher, alors que je marche sur ces pavés luisants d'usure. Notre guide Juif nous mène à l'interieur de l'eglise du Saint sépulcre. Il ne semble nullement dérangé de nous parler du Messie des Chrétiens, de son procès, de son innocence. ... au premier coup d'oeil, dans la pénombre, j'ai pensé que c'était un lavoir. Il s'agit en fait de la pierre , située à proximité de la croix, où le corps de Jésus fut déposé après son décès ... pierre où peut être reste un peu de son ADN , car des femmes viennent l'embrasser, y poser les mains, ou des objets qu'elles feront toucher à d'autres , peut être dans l'espoir d'une guérison. plus avant dans l'eglise du saint sépulcre ... si on continue à droite, on trouve le tombeau du Christ, selon certains croyants . Tout est empesé de sculptures, de boites, de dorures, de grosses lanternes, de bougies ; Le besoin des hommes de récupérer, d'enfermer est très grand . Ils ne veulent pas le laisser partir, leur Jésus. Quelque chose me chiffonne : comment est-il possible que le tombeau soit situé à 10 mètres du lieu de sa mort ? C'est pourtant Joseph d'Arimathie , un membre du Sanhedrin, qui donna son propre tombeau pour qu'on l'y dépose . Comment la tombe d'un notable Juif serait-elle installée si proche d'un lieu d'exécution ? En fait, d'autre chrétiens pensent que le vrai tombeau de Jésus serait situé plus loin, à la limite de la vieille ville, hypothèse beaucoup plus plausible. Mais où donc le cherchez vous ? il n'est plus là, il est parti, et c'est tant mieux. N'est -il pas ressuscité ? June 19 question sur l'amourà votre avis, quelle est la plus grande preuve d'amour ? aimer, est-ce accepter une personne telle qu'elle est ? ou bien est-ce vouloir ce qui est le mieux pour elle , même si cela implique des changements difficiles ? Est-ce la laisser tranquille ? ou bien la pousser vers son accomplissement ? mes amis qui passez par là, dites moi comment vous voyez les choses ... ![]() rentrant chez moi le 20 juin, je trouve tous vos commentaires ... merci, vraiment, pour vos réactions ... ce qui me vient en premier à l'esprit, c'est que je me prends sans doute le chou pour rien. serais-je la seule à avoir été confrontée concrètement à cette question ? bien sûr, vouloir changer l'autre, ce n'est pas l'aimer, c'est aimer quelqu'un d'autre. mais en revanche, vouloir son bien, c'est l'aimer ... ou bien l'aimer, c'est se questionner sur son bien, tout au moins, écouter ses demandes, et comprendre qui il ( ou elle ) est vraiment , et ne pas entraver son devenir. non , j'ai pas raison ? Toujours, ta liberté, la mienne, et comment les deux cohabitent ... J'ai pas encore compris le mode d'emploi, il me faudrait des TP, sans doute ... c'est peut être pour ça que je suis toute seule ... pour Bernhard : moi, j'ai plutôt idée qu'il n'y a QUE des preuves d'amour . L'amour, c'est des actes, sinon, c'est seulement un mot . c'est un peu comme la foi , si ça n'est pas accompagné d'actions concrètes, ça n'est pas tellement réel. non ? ça me rappelle un bouquin : "les langages de l'amour "... les actes sont des messages ... pour Simon : Dieu ne fait pas notre part, celle-ci reste notre pleine responsabilité, soumise à nos choix ... enfin, c'est ce que je crois, et ce que j'expérimente ... euh ... les amis, je crois bien que j'ai ouvert un débat qui me dépasse, peut être, comme dit mon ami Pierre le pêcheur : << tu réfléchis trop, Isa >> ... mais c'est un plaisir de bavarder avec vous ... June 12 ça va être ta fête ...Mon père a pourri mon enfance. Nous vivions sous un régime totalitaire, l'ambiance familiale étant subordonnée à l'humeur de ce monsieur. Il me fallait vivre, au quotidien, en état d'extrême tension, de sur-vigilance, pour éviter de le croiser dans la maison. Je n'entrerai pas dans des détails toujours trop pénibles pour les lecteurs. Moi, je me suis soignée depuis. les enfants s'habituent à tout , le mépris, la haine, la défensive, le non respect de l'intégrité devenant un état normal, une sorte de pain quotidien . mon Dieu, qu'il est difficile de se construire sur de telles bases. Un accident de moto l'a emporté en 1981, un mois avant que ma soeur ainée devienne mère, quelques jours avant l'élection de Mitterrand, pour lequel il avait milité depuis très longtemps. Plus tard, j'ai réalisé que cette disparition m'avait ôté toute possibilité de combat, de confrontation avec lui. Il m'aura fallu des années avant d'être capable de poser sur son souvenir un regard adulte, plus calme, retrouvant ma force par les mots et par la prière. On a dit de lui qu'il était maniaco-dépressif. Je ne le pense pas. Bipolaire, peut être, si ce n'est pas la même chose . Je crois qu'il haissait le fait d'être devenu père, chef de famille, emporté par le tourbillon des circonstances ... Nous l'encombrions, nous étions, nous , ses filles, soit des inopportunes, soit des objets, selon les moments. Transmettre quelque chose de bon à ses enfants était une notion qui lui est restée totalement étrangère . Il ne pensait qu'à sa pomme, absorbé qu'il était par ses propres perversions. j'ai retrouvé des lettres de lui, bouleversantes, datant de son époque étudiante, où il disait :" enfourchant mon vélo pour rentrer à la maison, je suis saisi par l'envie d'en finir " ... tant il était malheureux, déjà. Et d'autres , encore plus poignantes celles ci, datant de l'époque où il avait l'age qu'a mon fils aujourd'hui. 10 ans ... Dans ces lettres, il raconte avec des mots joyeux ce qu'il voit, ce qui l'intéresse, d'un esprit spontané, ouvert ... il s'extasie sur la beauté d'un pont métallique. Par la suite, il était devenu ingénieur. Le pardon, ce fameux pardon insoutenable, c'est à l'église que j'en ai entendu parler pour la première fois . j'ai bien vu qu'il fallait que j'y vienne, non pas pour lui, mais pour moi, pour sortir de cette prison de haine où nous cohabitions par delà sa mort. ça commence par un " non, c'est impossible " .... ce sont les cellules du corps qui se souviennent, et qui crient. et puis après : " c'est horriblement difficile, mais je veux bien essayer " ... et puis, 10, 20, 40, 60 % de pardon ... ça prend des décénies ... ce qui m'aide, c'est de voir l'enfant qu'il a été , au temps d'avant ... au temps de l'innocence ... je te donne, contre ton gré, cette paternité dont tu n'avais que faire . bonne fête papa. Mon père, au temps de l'innocence, portrait réalisé par mon grand-père en 1947 .
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